Interview de Ali Asghar AHMADI, menuisier fabricant et futur gestionnaire d’entreprise artisanale

Interview de Ali Asghar AHMADI, menuisier fabricant et futur gestionnaire d’entreprise artisanale

Arrivé en France en 2018 sans parler français, Ali Asghar AHMADI a découvert la menuiserie grâce à des rencontres qui ont changé son parcours. Aujourd’hui menuisier fabricant, salarié et étudiant en gestion d’entreprise artisanale du bâtiment, il poursuit son apprentissage avec la même passion qui l’anime depuis ses débuts. Entre travail du bois, persévérance et transmission, il revient sur son parcours et les enseignements qui l’ont conduit jusqu’ici.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m'appelle Ali Asghar AHMADI, j'ai 28 ans et je suis originaire d'Afghanistan. Je suis arrivé en France en février 2018. À mon arrivée, je ne parlais pas français et j'ai commencé par apprendre la langue avec l'aide de bénévoles. C'est grâce à ces rencontres que j'ai découvert le métier de menuisier.

Aujourd'hui, je suis menuisier fabricant. J'ai obtenu mon CAP en 2021 puis mon Brevet Professionnel en 2023. Je poursuis actuellement une formation en Gestion d'Entreprise Artisanale du Bâtiment tout en continuant à travailler dans mon entreprise.

En quoi consiste le métier de menuisier ? Quelles sont vos missions principales ?

Le métier de menuisier consiste à fabriquer et réaliser différents ouvrages en bois. Dans mon quotidien, je fabrique des escaliers, des meubles, des menuiseries ou encore des charpentes. Je peux également participer à des travaux de pose comme le parquet ou le placo.

Ma mission principale est de transformer la matière première pour créer un ouvrage fini. C'est d'ailleurs ce que j'aime particulièrement dans ce métier. Partir d'une simple planche de bois et la transformer en un escalier ou un meuble. Voir le résultat final procure une grande satisfaction.

Le métier est très varié. Une semaine, nous pouvons travailler sur un escalier, puis sur une charpente ou un autre projet totalement différent. Cette diversité rend chaque journée unique.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

La première qualité est la passion. Il faut aimer le bois et apprécier le travail manuel. Il faut également être sérieux et rigoureux.

La précision est aussi essentielle. En menuiserie, nous travaillons souvent au millimètre près. Lorsqu'on réalise un escalier ou un ouvrage sur mesure, chaque pièce doit être parfaitement ajustée. Un manque de précision se voit immédiatement et peut compromettre le résultat final.

Enfin, il faut aimer le travail bien fait. Lorsque l'on termine un ouvrage, on doit être fier de ce que l'on a réalisé.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?

Ce qui me plaît le plus, c'est avant tout la diversité des missions. Nous ne faisons jamais exactement la même chose. Chaque chantier apporte de nouveaux défis et de nouvelles réalisations.

J'apprécie également le côté concret du métier. On voit directement le résultat de son travail. Lorsque l'on termine un projet et que l'on observe le produit fini, c'est très gratifiant.

J'aime aussi le contact avec les clients. Nous échangeons avec eux sur leurs besoins et leurs projets. Cette dimension humaine apporte beaucoup au quotidien.

Quel est le plus gros challenge que vous rencontrez dans ce métier ?

Au début de mon parcours, le principal défi était la langue française. Lorsque j'ai commencé mon apprentissage, cela faisait seulement un an que j'étais arrivé en France. Comprendre les consignes, apprendre le vocabulaire technique et communiquer avec les autres n'était pas toujours facile. Heureusement, j'ai rencontré des personnes qui m'ont beaucoup aidé (des bénévoles, mes amis, mon patron et mes collègues). Grâce à leur soutien, j'ai pu progresser rapidement.

Aujourd'hui, mon principal challenge est plutôt l'organisation. Je travaille, je poursuis une formation et je viens d'acheter une maison avec des travaux à réaliser. Il faut réussir à gérer son temps entre tous ces projets.

Pourquoi avoir choisi cette voie ?

Avant d'arriver en France, je ne connaissais pas du tout le métier de menuisier. C'est pendant une formation de français au GRETA de Coutances que j'ai découvert le travail du bois.

Dans l'atelier, j'ai commencé à fabriquer de petites réalisations. J'ai rapidement pris goût à cette activité. J'ai ensuite effectué plusieurs semaines de stage qui m'ont permis de découvrir le métier sur le terrain.

Au fil des expériences, j'ai compris que ce métier me plaisait vraiment. On peut dire que j'ai découvert une véritable passion grâce à ces premières expériences.

Pourquoi avoir suivi une formation chez BTP CFA ? Quelles compétences avez-vous développées chez eux ?

Mon entrée au CFA s'est faite grâce aux conseils des personnes qui m'accompagnaient à l'époque. Une bénévole qui me soutenait m'a aidé à trouver un employeur, et mon patron avait lui-même effectué sa formation dans ce CFA.

Cette formation m'a permis d'acquérir toutes les bases du métier. Avant d'intégrer le CFA, je ne savais pas utiliser les machines professionnelles ni réaliser les différentes opérations techniques liées à la menuiserie.

J'y ai appris l'utilisation des machines, la lecture de plans, la géométrie, les techniques de fabrication et toutes les compétences indispensables à la pratique du métier. La combinaison entre les cours et l'expérience en entreprise m'a permis de progresser rapidement.

Quels sont, selon vous, les atouts du BTP CFA Normandie ?

L'un des principaux atouts du CFA est la qualité de son enseignement. J'ai eu la chance d'être accompagné par des professeurs qui étaient eux-mêmes des professionnels du métier. Leurs conseils étaient très concrets et directement applicables en entreprise.

J'ai également apprécié l'accompagnement dont j'ai bénéficié tout au long de mon parcours. Lorsque j'ai obtenu mon CAP, je n'étais pas certain de poursuivre mes études avec un Brevet Professionnel. Grâce aux encouragements de mes enseignants et de mon patron, j'ai décidé de continuer. Avec le recul, je ne regrette absolument pas ce choix.

Le CFA permet aussi de mettre en pratique ce que l'on apprend en cours directement dans l'entreprise, ce qui constitue une véritable force.

Si vous aviez un conseil à donner aux futurs diplômés, quel serait-il ?

Je leur conseillerais avant tout d'être sérieux et ponctuels. Ce sont des qualités qui font la différence dans le monde professionnel.

Il faut également montrer son envie d'apprendre. Lorsque les professionnels voient qu'une personne est motivée, qu'elle pose des questions et qu'elle s'investit, ils sont beaucoup plus enclins à transmettre leurs connaissances.

Enfin, je dirais qu'il ne faut pas hésiter à poursuivre ses études lorsque l'on en a l'opportunité. Les formations permettent d'acquérir de nouvelles compétences et ouvrent souvent davantage de perspectives pour l'avenir.

Avez-vous une anecdote à partager ?

Une anecdote qui me fait toujours sourire concerne les réalisations que j'ai fabriquées pendant ma formation. Depuis ma première année jusqu'à la fin de mon parcours, j'ai conservé tous les ouvrages que j'ai réalisés en atelier.

Lorsque j'en parlais à mes camarades ou à mes professeurs, ils trouvaient cela amusant et me disaient souvent que c'était un peu fou de tout garder. Pourtant, pour moi, chaque pièce représente une étape importante de mon apprentissage.

Aujourd'hui encore, je les conserve précieusement. Elles me rappellent tout le chemin parcouru depuis mon arrivée en France et constituent une véritable mémoire de mon parcours professionnel.

Articles pouvant également vous intéresser